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Frédéric Colin (Professeur)

Nom : COLIN
Prénom :
Frédéric
Statut : Professeur, Université de Strasbourg
Unité de rattachement :
Institut d’égyptologie et UMR 7044
Contact : frederic.colin@misha.fr


Discussion de travail sur le chantier de Qasr 'Allam

Quel est votre parcours universitaire et scientifique ?

A. Études

1. À l'Université Libre de Bruxelles :

I) 1e Candidature Histoire (section Antiquité), 12/07/1988, mention « Grande Distinction ».
2e Candidature Histoire (section Antiquité), 13/07/1989, mention « Grande Distinction ».
1e Licence Histoire (section Antiquité), 11/07/1990, mention « La Plus Grande Distinction ».
2e Licence Histoire (section Antiquité), 22/10/1991, mention « La Plus Grande Distinction ».

Mémoire de licence : « Recherches sur les peuples libyens autochtones entre le Nil et le méridien d'Automalax (depuis Hécatée de Milet jusqu'à la fin du Haut-Empire romain) » (publié sous le titre Les peuples libyens de la Cyrénaïque à l'Egypte d'après les sources de l'Antiquité classique, Bruxelles, 2000 (Académie Royale des Sciences et des Lettres de Belgique).

II) 1e Candidature Philologie et Histoire Orientales (Asie occidentale ancienne et Égypte), 30/09/1988, mention « Grande Distinction ».
2e Candidature Philologie et Histoire Orientales (Asie occidentale ancienne et Égypte), 27/09/1989, mention « La Plus Grande Distinction ».
1e Licence Philologie et Histoire Orientales (Asie occidentale ancienne et Égypte), 26/09/1990, mention « La Plus Grande Distinction ».
2e Licence Philologie et Histoire Orientales (Égypte), 22/10/1992, mention « La Plus Grande Distinction ».

Mémoire de licence : « La stèle hermopolite de Nectanébo. Commentaire philologique, historique et archéologique ».

III) Doctorat en Philosophie et Lettres, sous la direction de M.-Th. Raepsaet-Charlier, soutenu le 1er mars 1996, mention « La Plus Grande Distinction » (avec la note de 97/100).

Thèse : « Les Libyens en Egypte (XVe s. a.C.-IIe s. p.C.). Onomastique et histoire».

http://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00120038/en/

Thèse annexe : « Une révision de deux inscriptions grecques permet d'attester à Siwa et au Pirée la triade Ammon, Héra et Parammon, déjà connue à Lindos et à Olympie ».

2. À l'Université Marc Bloch (Strasbourg II)

École doctorale des Humanités, Sciences historiques, Habilitation à diriger des recherches, garant Claude Traunecker, soutenue le 2 décembre 2006.

Titre du dossier : « Recherches d’archéologie, de philologie et d’histoire sur l’Égypte ancienne d’après des documents égyptiens, grecs et latins ».

3. Formation complémentaire à la Katholieke Universiteit Leuven :

1) Démotique (Pr. Dr. J. Quaegebeur), juin 1992 (dans le cadre de ma 2e Licence de Philologie et Histoire Orientales à l'ULB), 18/20.

2) Copte I et Copte II (Pr. Dr. W. Clarysse), juin 1993 (en cours isolés), avec la mention AAA.

4. Au Département des Études Arabes du Caire (Ambassade de France en Egypte) :

Arabe dialectal I et II (Tests de passage de niveau réussis, pas de note), 1996/97.

B. Qualifications :

  • 1998 : qualification pour les fonctions de Maître de conférences dans deux sections du Conseil national des universités, la 8e (langues et littératures anciennes) et la 21e (histoire et civilisation : histoire et archéologie des mondes anciens et des mondes médiévaux ; de l'art).
  • 2007 : qualification pour les fonctions de Professeur des Universités (21e section).

C. Expérience professionnelle :

  • 1992-1998 : Aspirant, puis Chargé de recherches du FNRS (Belgique)
  • 1996-1998 : Membre scientifique étranger de l’IFAO (Égypte)
  • 1997- : Directeur de la mission archéologique de l’IFAO dans l’oasis de Bahariya (Égypte)
  • 1998-2006 : Maître de conférences en histoire grecque à l’Université de Strasbourg II
  • 2002-2007 : Membre junior de l’Institut universitaire de France
  • 2001-2005 : Membre du Conseil scientifique de l'Université de Strasbourg II
  • 2005-2007 : Membre du Conseil d'administration de l'Université de Strasbourg II
  • 2006-2007 : Maître de conférences en égyptologie à l’Université de Strasbourg II
  • 2007- : Professeur d’égyptologie, directeur de l’Institut d’égyptologie et conservateur de la collection égyptienne de l’Université de Strasbourg
  • 2013- : Directeur de l'UMR 7044 « Archéologie et histoire ancienne : Méditerranée – Europe (ARCHIMÈDE) » (CNRS, Université de Strasbourg, Université de Haute-Alsace, Ministère de la culture, INRAP)

Que cherchez-vous ? [thèmes de recherche]

Je cherche à m’amuser.

Au-delà de cela, la question du « thème » de recherche, bien que classique, n’a qu’une importance secondaire. Elle est l’anecdote, quand la méthode est l’essentiel. Je rêve d’une égyptologie totale, qui oserait faire flèche de tout bois. Le principe serait de combiner un usage de première main des méthodes et des concepts de l’archéologie, de la philologie et de l’histoire pour tenter de faire naître la nouveauté. La hiérarchie des disciplines, réparties en sciences principales et auxiliaires, classification issue de la vision des historiens positivistes du XIXe siècle, est dépassée depuis longtemps, car les sciences sont simultanément et mutuellement auxiliaires et auxiliées. D’autre part, les méthodes classiques de l’archéologie doivent aujourd’hui être combinées, pour certaines thématiques, avec les données fournies par les sciences expérimentales appliquées à l’archéologie, archéobotanique, archéozoologie, archéoanthropologie… Dans ce contexte, la collaboration avec des spécialistes de ces interfaces disciplinaires est un indéniable facteur d’enrichissement intellectuel.

Dans mon petit cas particulier, je m’efforce de tenter le jeu sur trois terrains :

  1. L’étude des institutions égyptiennes et hellénistiques : le double point de vue du spécialiste des documents grecs et de l'égyptologue permet de développer une approche fructueuse, car le cloisonnement des disciplines a souvent abouti à négliger un ensemble documentaire au profit de l'autre. Me fondant sur ma formation classique, d’une part, et égyptologique, de l’autre, je m’efforce, depuis les débuts de ma carrière, de traiter des dossiers qui ont traditionnellement souffert d’une approche partielle, cantonnée aux limites disciplinaires. Du temps de mes études, je passais mes examens d’histoire ancienne en première session et mes examens d’études orientales (égyptien, akkadien), en seconde session, après l’été. Au fond, comme pour la plupart de mes collègues, mes études ne se sont jamais vraiment arrêtées.

  2. L’archéologie de l’oasis de Bahariya : ce petit coin d’Égypte réunit, dans un territoire homogène et séparé du reste du monde par des immensités désertiques, la plupart des invariants de la civilisation de tradition pharaonique. Les gisements archéologiques très riches qu’il renferme offrent un excellent terrain d’expérimentation pour l’étude sur le temps long de contextes funéraires, cultuels, militaires, domestiques et agricoles, dans une excitante perspective transpériodique. Le relatif isolement géographique de la population de l’oasis invite en outre à une confrontation comparative de son faciès culturel avec les contrées voisines : autres oasis du Sahara, littoral méditerranéen de Libye et d’Égypte et vallée du Nil.

  3. Les collections égyptiennes de Strasbourg, dont les séries permettent d’explorer en laboratoire, « comme chez soi », les jeux évoqués ci-dessus. Le fonds de l’Institut d’égyptologie, par la diversité des catégories d’artefacts représentées, constitue un vaste champ d’expérimentation des méthodes de publication d’objets, pour les étudiants comme pour les chercheurs — puisque enseignement et recherche s’inscrivent dans un continuum conceptuel. Quant à la collection de papyrus et d’ostraka grecs et démotiques de la Bibliothèque nationale universitaire de Strasbourg, elle est une merveilleuse source de recherches sur l’Égypte grecque et romaine. Du point de vue de l’histoire même de ces collections, la redécouverte des archives de l’Institut d’égyptologie de la Kaiser-Wilhelms-Universität, combinée à des recherches dans les archives de plusieurs institutions égyptologiques européennes m’ont enfin mené sur la piste de l’histoire de l’égyptologie en Alsace au XIXe et au début du XXe siècle — une fenêtre ouverte sur l’histoire contemporaine.

Je cherche aussi à être moins bavard (depuis tout petit). Mais comme en témoigne la réponse qui précède, le chemin est encore long pour atteindre cet idéal.

Pourquoi diable l’Égypte ?

  • Lorsque j’étais enfant ou adolescent, les tartes à la crème de l’égyptologie (égyptomanie ?) ne m’ont jamais intéressé. Les pyramides, les grands pharaons, les momies millénaires et les poncifs de l’art égyptien éternel, cela me paraissait kitsch, sans plus, et n’excitait pas mon imagination. Alors, pourquoi donc l’Égypte ? Le pur produit du hasard. Une bonne prof de grec au lycée, un bon prof de géographie, qui nous avait initiés aux méthodes basiques de la géologie. Un jour, la prof de grec, qui terminait sa thèse de doctorat en égyptologie, propose à ses élèves de grec : « Je voudrais rafraîchir mes connaissances de grammaire égyptienne en l’enseignant, y a-t-il des volontaires pour suivre gratuitement un cours d’égyptien ancien après les heures du cours de grec ? ». Et me voilà seul candidat. Dans ce contexte, une visite au Musée du Cinquantenaire à Bruxelles, où je découvre, fasciné, que ma prof lit les hiéroglyphes gravés sur les parois d’un mastaba de l’Ancien Empire et que ces signes notent une langue qui possède son lexique, sa grammaire comme toutes les langues du monde. Des petits dessins qui parlent !
  • Dans la continuité des cours d'égyptien, une petite initiation à la recherche, à 17 ans, à l'occasion d'un séjour au Seminar für Ägyptologie de l’Université de Cologne  : découverte du « principe de la pelote de laine », qui permet de remonter aux sources d'un problème historiographique en déroulant le fil de la bibliographie. Je ne me doute alors pas que de cette brève expérience de lycéen seront issus mes deux premiers articles scientifiques, parus quatre ans plus tard.
  • Lors du même séjour, les conseils du directeur du Seminar für Ägyptologie, qui dirigeait la thèse de ma prof de grec : « Égyptologue, ce n’est pas un métier, jeune homme, apprenez d’abord le grec et le latin — quelque chose de sérieux, n’est-ce pas, qui mène à un emploi… ! »
  • Quand arrive enfin le moment de s'inscrire à l'Université et de choisir un parcours, ne parvenant pas à me décider entre l’égyptologie et la géologie, j’ai souhaité, avec assurément une bonne dose d’inconscience, entreprendre les deux cursus en parallèle, et commencé à suivre, pendant les grandes vacances précédant l’inscription universitaire, des cours propédeutiques de mathématiques, physique, chimie.
  • J’avais cependant participé, au début des vacances, à un voyage de « découverte » en Égypte, avec les élèves de l’option « grec ». C’est manifestement pendant ce séjour d’un mois sous la canicule de juillet, que j’ai contracté le virus de l’Égypte, qui s’est manifesté sous la forme d’une « hépatite A » foudroyante, me clouant au lit pour de longues semaines et me contraignant à abandonner les cours de propédeutique. Dans mon état végétatif, j’ai alors compris qu’il serait plus prudent et moins présomptueux, quitte à m’inscrire dans deux filières universitaires, de choisir des disciplines voisines où il serait plus facile d’entretenir une interaction disciplinaire (histoire ancienne, égyptologie). Malgré ce douloureux épisode viral — expression quasi métaphorique du hasard ou de la passion, comme on voudra — j’ai pris conscience, dans la suite de mes études, que les raisonnements de l’archéologie et ceux de la géologie suivent les mêmes chemins. Et la boucle était bouclée.

Quelle(s) figure(s) ou quelle(s) œuvre(s) vous accompagnent dans vos pérégrinations ?

Grimpeur au Waldeck en 2013Si je devais évoquer des œuvres qui ont pu peupler mon imaginaire d’enquêteur, je songerais à des lectures d’adolescent, qui à l’époque m’ont touché : Double assassinat dans la rue Morgue (Edgar Poe), La montagne aux écritures, Le rendez-vous d'Essendilène (Roger Frison Roche), Voyage au centre de la terre (Jules Verne), Les animaux dénaturés (Vercors) et évidemment La guerre du feu (Rosny-Aîné). L’écume des jours (Boris Vian), pour les métaphores qui prennent corps dans la réalité. Et Le désert des Tartares (Dino Buzzati), pour l’exil dans lequel on s’enracine voluptueusement et pour le grand jour qui par définition n’arrive jamais. En BD, La Tchalette (Jean-Claude Servais), Silence et La belette (Didier Comès), qui montrent qu’il n’est pas nécessaire d’aller loin pour croiser la créativité humaine autour de l’étrange. Et surtout Les aventures d’Adèle Blanc-Sec (Tardi) — pas l’adaptation cinématographique trop mièvre —, pour les vitrines de Musée poussiéreuses, les savants fous et la jolie aventurière dénudée dans sa baignoire. L'imaginaire d'Enki Bilal aussi, où un dieu égyptien (s'inspirant de quelque ancêtre d'époque pharaonique ?), s'incarne dans un humain pour s'accoupler avec une femme aux cheveux bleus. Au cinéma, Un thé au Sahara (The Sheltering Sky)…

Ou plus personnellement, je songerais à mes parents en 1970, quand ils sont partis à l’aventure à Constantine, avec une adolescente de 13 ans et un bébé de dix-sept mois, pour participer à la coopération comme enseignants dans l’Algérie décolonisée.

Y a-t-il une lecture égyptologique qui vous a touché ou qui vous inspire ?

On aimerait en citer tant qu’on ne saurait par où commencer. Spontanément, et de façon très arbitraire, je songe à « ‘Osorkon fils de Mehytouskhé’ : un pharaon oublié ? » (BSFÉ 77-78, 1976-77, p. 39-54), qui représente un modèle rhétorique d’argumentation scientifique. À la première page de cet article, Jean Yoyotte fait mine de s’excuser d’oser prendre la plume sur un sujet en apparence épuisé : « Pour l’instant, en l’absence de telles trouvailles, il me semble qu’il n’y a plus grand chose à dire (… etc). Ce n’est donc pas sans hésitation qu’on se hasarde à publier une hypothèse à propos de trois documents connus depuis longtemps et, sans les encouragements de certains collègues, j’aurais renoncé à augmenter le volume des théories émises sur la Troisième Période Intermédiaire… ». Et à peine douze pages plus loin, les conclusions annoncées comme à contre cœur dans cette introduction, très importantes pour comprendre la naissance de la XXIIe dynastie dite « libyenne », s’imposeront dans toutes les synthèses ultérieures sur la période. Les études de prosopographie et de chronologie sur la Troisième Période Intermédiaire sont devenues un sport très pratiqué, mais on a rarement créé autant de nouveauté avec si peu de mots.

Choix de publications :

Je choisirais neuf titres pour illustrer les trois domaines de recherche évoqués plus haut :

1. Institutions égyptiennes et hellénistiques

  • Fr. Colin, « Les prêtresses indigènes dans l'Égypte hellénistique et romaine : une question à la croisée des sources grecques et égyptiennes », in Actes du Colloque International « Le rôle et le statut de la femme en Egypte hellénistique, romaine et byzantine », Bruxelles et Louvain, 27-29 novembre 1997, Leuven, 2002 (Studia Hellenistica 37), p. 41-122.
  • Fr. Colin, « Le parfumeur (p3 cn) », Bulletin de l'Institut Français d'Archéologie Orientale 103 (2003), p. 73-109.
  • Fr. Colin, « Noms doubles et prosopographie ombite », Bulletin of the American Society of Papyrologists 51, 2014, p. 109-126.

2. Archéologie de l’oasis de Bahariya

  • Fr. Colin, « Le « Domaine d’Amon » à Bahariya de la XVIIIe à la XXVIe dynastie : l’apport des fouilles de Qasr ‘Allam », dans D. Devauchelle (éd.), La XXVIe dynastie continuités et ruptures. Actes du Colloque international organisé les 26 et 27 novembre 2004 à l'Université Charles-de-Gaulle – Lille 3. Promenade saïte avec Jean Yoyotte, Paris, 2011, p. 47-84.
  • Fr. Colin (dir.), F. Charlier, L. Delvaux, L. Hapiot, J.- Heim, S. Marchand, M. Mossakowska-Gaubert, J. V Heesch, avec la collaboration de C. Duvette, Bahariya I. Le fort romain de Qaret el-Toub I, FIFAO 62, 2012.
  • Fr. Colin, Fr. Adam & I. Pranjic, « Harpocrate au chien et les cadavres de Qasr ‛Allam. Perspectives sur le statut rituel des inhumations animales dans l’Égypte ancienne », Archimède 1, 2014, p. 32-63.

3. Les collections égyptiennes de Strasbourg

  • Fr. Colin, « Comment la création d’une ‘bibliothèque de papyrus’ à Strasbourg compensa la perte des manuscrits précieux brûlés dans le siège de 1870 », La revue de la BNU 2, 2010, p. 24-47.
  • Fr. Colin, C. Hartenstein, « Documents démotiques de Strasbourg, I : jour de fête sur la rive gauche », Chronique d'Égypte, 88, 2013, p. 244-260.
  • Fr. Colin, A. Freund-Lehmann, « Documents démotiques de Strasbourg, II 2-5 : les revenus d'un terrain boisé à Pathyris », Chronique d'Égypte, 90, 2015, p. 17-39.

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